ptite biographie de son site officielle

ptite biographie de son site officielle
Son nom, dans l'esprit de bien des gens, résonne comme un exemple. Il a laissé derrière lui une empreinte originale. Véritable personnage, il est "l'homme à la coupe en brosse", à l'allure dégingandée, à la voix si reconnaissable, au pull-over jacquard...
Si son nom n'évoque pas de grands exploits, c'est parce qu'il a surtout choisi de défendre des valeurs auxquelles il croit profondément, avec fermeté et même opiniâtreté :
-le dépassement de soi - même
-le respect et l'amour de la nature et des grands paysages
-le plaisir de partager la cordée.

S'il n'a pas ouvert beaucoup de voies nouvelles (bien que plusieurs portent son nom), Gaston REBUFFAT a un carnet de course exceptionnel.
Le nombre de ses ascensions a dépassé les 1000 unités : il a vaincu tous les grands sommets européens. Mais ses plaisirs, Gaston REBUFFAT n'a pas voulu que ses seuls clients les partagent. Il a désiré les faire découvrir au monde entier d'une part, grâce à ses livres mais aussi au moyen de films et de splendides photographies.

Dans son oeuvre, son souci de l'autre se traduit par son envie de transmettre sa passion et de faire comprendre et aimer la montagne, toujours une montagne d'équilibre, une montagne heureuse, sans drames ni complications.



Quelques dates :

Gaston REBUFFAT est né le 7 mai 1921 à Marseille. Il fait ses premières escalades dans les Calanques qui seront suivies de plus de 1200 ascensions dont des faces nord mythiques telles que les Grandes Jorasses par les éperons Walker et Croz, la Face Nord du Cervin et de l'Eiger...

C'est en 1942, que Gaston REBUFFAT est invité, à 21 ans, à faire partie de la célèbre Compagnie des Guides de Chamonix, où il entre avec une dispense d'âge. Dès lors, il écrit son premier livre, "l'Apprenti Montagnard".

En 1950, il fait partie de l'Expédition française à l'Anapurna: le 1er sommet de 8000 métres jamais escaladé en HIMALAYA.
A son retour, il écrit de nombreux livres, "Du Mont-Blanc à l'Himalaya", "Mont-Blanc Jardin Féerique", "les 100 plus belles courses"... dont certains sont encore en vente. Il tourne également plusieurs films dont "A la rencontre du soleil" pour la télévision, "Etoiles et Tempêtes" et "les Horizons gagnés."

Décoré Officier de la Légion d'honneuren 1984, Gaston Rebuffat décède en 1985, laissant derrière lui l'image d'un personnage unique, presque légendaire.



Des chiffres "qui en disent long"

Il a réalisé plus de 40 PREMIERES dans le Massif du Mont-Blanc, les Alpes
suisses et en Vannoise et de nombreuses grandes voies dans les Dolomites.

Il comte parmi ses plus grandes courses

LES "4 GRANDES FACES NORD":
-La face Nord des Grandes Jorasses dans le Massif du Mont-Blanc
-La face Nord du Piz Badile en Engadine italienne
-La face Nord du Eigerwand, dans l'Oberland suisse
-La face Nord du Cervin dans le Valais suisse

En complément de son métier de guide, il est également écrivain et publie 19 LIVRES DONT "ETOILES ET TEMPETES" TRADUIT EN 12 LANGUES, "Entre Terre et Ciel" et "Les Horizons Gagnés" dont le film est issu.

Sans oublier la chronique sur la montagne pour le journal Le Monde dont il fût l'auteur pendant plus de 10 ans.



Un personnage, un passionné

Guide de Montagne, écrivain, cinéaste, conférencier, il est décoré Officier de la Légion D'Honneur.

Ses 19 livres et ses 4 films (diffusés dans le cadre des conférences Connaissance du Monde) qui lui ont permis de faire partager sa passion à des milliers d'amateurs et d'amoureux de la montagne et de la nature ont fait de Gaston Rébuffat un des guides les plus connus à travers le monde.

La Navette "Voyager"
C'est pourquoi, il y a 12 ans LA NASA (HUSTON -USA) a choisi une des plus spectaculaires vues du film "Les Horizons Gagnés" pour représenter un des aspects du monde terrestre dans LA NAVETTE SPATIALE "VOYAGER" qui a exploré Mars et Saturne et tourne aujourd'hui hors du système solaire.

Voilà pour sa ptite vie :p Total respect nan? Lachez vos coms!!

# Posté le samedi 27 août 2005 14:43

Hommage à un des plus grands!!

Hommage à un des plus grands!!
Gaston Rebuffat était un des plus grands alpiniste et surtt un des plus fou!! lol
Sa femme qui lui rend hommage:

Comment évoquer un tel homme sans le trahir?
Il s'en est allé un Vendredi de Mai, discrètement comme pour être sûr d'éviter les curieux . N'aimant ni les apparats, ni les oraisons funèbres, il a eu, selon son désir, les obsèques les plus simples. Son premier guide dans la vie et son ami de toujours, le Père Seinturier, venu spécialement de Marseille, malgré son grand âge, pour lui dire sa dernière messe, pour seul éloge nous a lu quelques unes des si belles lettres parmi la grande quantité que Gaston lui avait écrites.

Naître dans la belle métropole maritime qu'est Marseille, commencer sa vie de jeune randonneur dans le Massif des Calanques, le regard dépassant l'horizon, aurait pu déclencher l'envie de traverser les mers. Il n'y a jamais songé. L'appel de l'altitude, la rudesse de la vie en montagne, dès l'adolescence se sont dévoilés comme un besoin profond. Avait-il ressenti dès ce moment là, que pour remplir sa vie, seules les entreprises difficiles, celles qui apportent des solutions qu'il faut résoudre, seraient à la mesure de son tempérament: toujours rechercher la difficulté - mais non pas le danger - aller de l'avant, tenter, oser, dans l'audace il y a de l'enchantement.

Devenir guide, atteindre à son plus cher désir.

Avec une dispense d'âge, il est entré à la Compagnie des Guides de Chamonix. A partir de là, il s'agissait d'exercer cette profession - hors du commun il faut bien en convenir - au mieux du possible, dans les traditions ancestrales. Par son désir de "savoir", il s'est attiré la bienveillance de quelques uns de ses ainés. Tant de fois il me disait que Firmin Mollier lui parlait des autres conditions importantes pour devenir un bon guide, dont celle d'avoir le respect du client, bien grimper n'était pas tout.

M'a-t-il jamais parlé de ses grands-parents? Je n'en ai aucun souvenir. Par contre, il évoquait les guides de la génération des pionniers comme de son cercle familial et avait installé dans le rôle d'aieux certains grands guides, parmi les grands de cette époque, ceux qui l'avaient particulièrement marqué, pour ne citer qu'Alexis Carrel ou Michel Croz, ces hommes au caractère bien trempé qu'il admirait, avant tout, pour leur sens du devoir et de l'honneur. Il avait glané tout ce qu'il était possible de connaître sur leur façon d'exercer ce métier, au point qu'il m'est parfois venu à l'esprit, qu'en rève, il se soit vu naître à temps pour être choisi comme guide par Wymper, et vivre avec lui la passionnante épopée que fut celle de la préparation de la première du Cervin. C'est dans cet ordre d'idée qu'il a proposé à certains -ceux parmi ses clients qui en étaient techniquement et moralement capables- de leur faire gravir de grandes faces nord, de connaître l'ambiance de ces grandes entreprises.

Résumer une vie aussi bien remplie en quelques lignes m'oblige à ne parler que de ce qui pour lui fut particulièrement important hormis son amour pour la montagne: il s'agit de la considération qu'il avait pour la Compagnie des Guides de Chamonix. Il était si fier d'en faire partie que, même en ville, sur ses costumes, il en arborait l'insigne, c'était sa signature, son identité. Plus qu'en Provence, le bureau des Guides était sa maison de famille, celle où avaient vécu ses ancètres. Après cinq années de lutte pour tenter de vaincre ce cancer qui le détruisait et dont il avait compris qu'il ne viendrait pas à bout, un matin j'ai senti qu¹il venait peut-être de faire le pas le plus difficile de son existence: se rendre à la Compagnie des Guides pour demander d'être rayé de la liste des guides actifs. Depuis combien de temps cette décision trainait-elle dans sa tête? Elle devait le harceler. Cette démarche signifiait déjà la mort, une première mort. A son retour, j'avais deviné, nous n'avons rien échangé, surtout pas un regard, l'intensité émotionnelle de ce geste accompli nous imposait le silence. Ne plus être un vrai guide, ne plus sentir l'odeur du granite, ne plus avoir froid, ne plus avoir soif, ne plus croiser les autres en refuge!

Doté d'une énergie torrentielle et d'une volonté aussi inébranlable qu'une montagne, son cerveau bouillonnait d'idées et de projets, d'où tout ce qu'il a réalisé n'est qu'une petite partie. La renommée d'un guide écrivain-cinéaste-photographe (j'ai en stock plusieurs milliers de diapositives et négatifs) ne se fait pas autour d'un pull Jacquard, si beau soit-il, comme j'ai pu le lire ou l¹entendre parfois. L'origine de ce célèbre pull est fortuite et anecdotique. Ce pull, que j'avais déposé dans ses souliers de Noël quelques années après notre mariage, était un cadeau trop somptueux qui m'avait vallu un blâme affectueux de la part de mon époux!

Il fut une époque bénie où Chamonix pouvait s'enorgueillir d'être une des rares station française ayant une boutique de couture très élégante, dont la maison mère se trouvait place de la Madeleine à Paris: André Ledoux, haute couture sport. A Chamonix, son emplacement était rue Joseph Vallot, à côté de la distinguée Pâtisserie des Alpes; dans sa belle vitrine n'étaient exposés que quelques vêtements de choix, dont ce pull authentiquement norvégien auquel je n'ai su résister, malgré son coût élevé.

Gaston avait en gestation son ouvrage sur la technique, et son talent de metteur en scène lui faisait penser que, pour ce faire, une tenue foncée et dans le même ton correspondrait à ce qu'il désirait démontrer. Ce modèle de pull sobre et élégant s'est avéré comme étant celui qui conviendrait le mieux. Précurseur quant à la pureté de la position du grimpeur, il a créé - peut-on dire - un langage du geste et on lui doit d'avoir aujourd'hui de spectaculaires images de grimpeurs en solo, parfois aussi avec pull jacquard.

Point n'est besoin de dire, si l'on évoque Gaston Rébuffat, qu'il aimait la montagne de toute son âme et sous tous les aspects qu'elle pouvait lui offrir. La place privilégiée ayant été réservée à l'exercice de son métier de guide, l'écriture, puis l'image - statique ou moblile - en furent la suite logique, étant donné sa grande sensibilité envers tout ce qui avait trait à la montagne; il avait inlassablement l'envie de faire partager ce bonheur qu'elle lui donnait et il y est parvenu, à entendre encore aujourd'hui, le nombre de personnes de tous âges qui en conviennent.

Lord John Hunt, chef de l'expédition à l'Everest, écrivait dans un article publié après une de nos tournées de conférences et de présentation de films en Grande Bretagnes: "En même temps qu'un des maîtres de son art, Gaston Rébuffat est aussi un artiste, et le point de vue de l'esthétique ne reste étranger à aucune de ses entreprises. S'il disait dans ses commentaires - le pilier des Drus est comme la perfection, il n'y a plus rien à retrancher - ...à force d'affronter avec calme et une audace qui n'exclut jamais la prudence, les plus belles courses des Alpes, il a, lui aussi, atteint à un parfait équilibre dans la mesure. Tant ses films que ses exposés, jamais emphatiques, sont l'oeuvre d¹un poète, lançant au monde un hymne de l'amour de la montagne".


Françoise Rébuffat

# Posté le samedi 27 août 2005 14:25

Modifié le vendredi 01 juin 2007 06:46

son nouveau livre: Lynn Hill

son nouveau livre: Lynn Hill
Le 9 mai 1989, un noeud non terminé faillit coûter la vie à Lynn Hill. Ce jour là elle décide, en scrutant le plafond de sa chambre d'hôpital, d'écrire son histoire. Un flash-back pour comprendre le sens de sa vie.

A 14 ans, la petite américaine débute l'escalade avec le copain de sa soeur, Chuck. Plus qu'un sport l'adolescente découvre une famille où elle se réfugiera plus tard, quand la sienne va se déchirer.

Fin des années soixante-dix, l'escalade au Yosemite est un jeu risqué dont les ténors deviennnet des légendes : Bridwell, Long, Bachar. Les performances époustouflantes de la jeune grimpeuse lui ouvrent grandes les portes de la communauté très consensuelle du Camp4. Lynn Hill nous replonge dans cette ambiance, un peu comme si elle écrivait la suite du livre de Steve Ropper.


Grimper en accord avec la nature, s'adapter au rocher, y inventer son chemin sans laisser de trace, tel est l'esprit de la grimpe à laquelle Lynn voue sa vie.

Et puis il y aura le Nose, en libre et dans la journée. Dans cette réalisation se trouve cristallisé le sens d'une vie dédiée à verticale. C'est un exploit historique dont l'explication est écrite dans les pages de ce livre abondemment illustré qui est bien plus qu'une autobiographie : le message indélibile d'une extra-terrestre sur la planète grimpe.

# Posté le samedi 27 août 2005 11:37

Lynn-Hill

Lynn-Hill
Dès l'enfance, Lynn possédait une incroyable énergie. A six ans, elle gagnait des compétitions de natation; à partir de ses neuf ans, on la considérait comme une excellente gymnaste. A quatorze ans, elle faisait sa première journée d'escalade avec deux de ses six frères et soeurs dans le Big Rock, près de Los Angeles. Ce jour-là, sa soeur aînée, prise de panique, l'avait envoyée en tête dans une voie très exposée. Lynn fut conquise, et dès lors, pendant deux ans, elle passa de nombreux week-ends avec ses deux soeurs dans la nature vierge et sauvage de Joshua Tree. Puis elle se mit à travailler dans un fast-food pour gagner l'argent nécessaire à ses sorties d'escalade.

A seize ans, elle rencontra Charlie Row, son premier copain, au Yosemite. Comme ils étaient des partenaires de même niveau, Lynn prit la tête dans le passage clé de Serenity Crack (5.l0d), bien qu'elle eût fait une chute de dix mètres quelques instants auparavant. A dix-sept âns, elle renonçait à la gymnastique pour se consacrer uniquement à l'escalade. En réversible avec Charlie, elle gravit la face N.W. du Half Dome. Un an plus tard, Lynn et son amie Mary Gingery réalisaient le Shield, la grande dalle de El Capitan jadis une voie sérieuse et très technique dans la vallée du Yosemite.

Les grimpeurs de pointe commencèrent à porter leur attention sur cette frêle et jolie fille extrêmement douée techni-quement qu'ils avaient surnommée " Little Lynny ". John Long, l'un des meilleurs Californiens, était devenu son nouveau compagnon. Un couple surprenant : John, un paquet de muscles, faisait l'effet d'un géant au coeur tendre tan-dis que Lynn ne lui arrivait pas même à l'épaule. Encouragée par John, Lynn commença à s'entraîner systématique-ment aux haltères afin d'acquérir davantage de force. Lynn et John firent équipe pendant plusieurs années consécutives et remportèrent de nombreux succès, résolvant les problèmes les plus épineux dans maints secteurs. Ils réussirent, en réversible, la première en libre de Levitation 29, actuellement une des plus belles classiques des Red Rocks. A Telluride, Lynn parvint même à réaliser la première en libre d'Orphir Broke (5.12d), une des voies les plus dures de la région.

En 1980, Lynn participa pour la première fois à Survival of the Fittest. Quatre années de suite, elle remporta ce grand show de l'aventure, une combinaison de saut à l'élastique, de cross, descente en rappel, natation et kayak, l'argent ainsi gagné, soit 30 000 dollars, lui permettant de financer ses études.
Séparée de John, Lynn retourna vivre sur la côte californienne où elle prit un emploi de professeur de gymnastique et se fit connaître comme coureuse de demi-fond - elle arriva troisième aux championnats de Californie. Puis, invitée à New York, elle découvrit le Shawangunks.

Le milieu de l'escalade lui semblait plus ouvert, plus sympathique et les rochers lui plaisaient, alors Lynn s'installa à New Paltz, près des Shawangunks. Russ Raffa, l'un des meilleurs grimpeurs de la région, devint son partenaire de cordée et son compagnon. Connaissant parfaitement son niveau à vue, étant capable d'évaluer objectivement les risques et d'appréhender la peur de manière rationnelle, elle se débrouillait très bien dans certaines voies extrêmement difficiles à protéger. " Dans les situations périlleuses où la chute est possible, il faut que tu te concentres sur ce que tu fais. Tu dois ignorer la peur, avoir confiance et te convaincre que tu ne tomberas pas. "
Pour joindre les deux bouts, elle donnait des cours d'escalade. Parallèlement, elle terminait ses études de biologie et une formation de psychothérapeute.

En 1986, l'American Alpine Club lui proposa de participer à des rencontres dans le Verdon. C'est là qu'elle rencontra Marco Scolaris qui l'invitera à son tour aux compétitions du Sport-Roccia. Ses premières expériences de compétition ne furent pas des meilleures. Les arbitres modifièrent subitement les règles en pleine manifestation, si bien que Catherine Destivelle l'emporta! Par la suite, Lynn vécut entre les États-Unis et la France, jusqu'au moment où elle décida de quitter son job de professeur d'escalade pour s'installer dans l'Hexagone. Le 9 mai 1989, elle survécut de justesse à une chute de 22 mètres à Buoux et s'en tira avec une blessure au coude et une fracture de la cheville - elle ne s'était pas encordée correctement! En 1990, Lynn consacra beaucoup de temps à se préparer systématiquement pour enchaîner une voie difficile. Le résultat de sa ténacité et de son ambition ne se fit pas attendre, elle fut la première femme à atteindre le niveau 8b+ en réalisant Masse critique:"

En compétition - une situation familière depuis sa plus tendre enfance -, Lynn remporta de nombreuses victoires et bouclâ la saison 1990 comme championne du monde ex aequo avec Isabelle Patissier. " Il est évident que les autres participants me poussent à donner le meilleur de moi-même. Car, au fond, je ne lutte pas contre les autres, mais surtout contre moi-même - la voie est mon adversaire, pas l'autre grimpeur. Avant le départ, j'essaie d'éliminer toutes les ten-sions, d'avoir un esprit positif et confiance en moi en revivant mes meilleurs souvenirs. " De 1987 à 1992, elle fut la championne de toutes les compétitions et prit place sur le podium du vainqueur plus de trente fois. Elle gagna entre autres cinq fois le Rockmaster d'Arco, indéniablement la rencontre la plus importante. Après une première place de coupe du monde à Birmingham en 1992, elle décida de mettre un terme à la compétition. " Cette vie ne me satisfaisait plus. Toutes mes pensées étaient tournées vers l'escalade, l'entraînement et la prochaine compétition. Je voulais élargir mon horizon et enrichir ma vie. "

De retour sur les rochers, en 1993, Lynn trouva la solution pour libérer le Nose, l'un des problèmes majeurs de l'es-calade en libre de notre époque. Après plusieurs vaines tentatives avec Simon Nadin et Brooke Sandahl, au cours des-quelles elle réussit à gravir les longueurs les plus difficiles, elle élabora une stratégie très claire pour les 34 longueurs et se lança dans une autre tentative en compagnie de Brooke. Ils avaient prévu un bivouac de manière à avoir quelques longueurs d'échauffement avant les passages clés. Le succès lui donna raison, puisqu'elle réussit du premier coup les passages les plus ardus, la jonction entre les deux fissures du Great Roof (5.13b) et la Longueur Hudini, un dièdre aussi lisse que la peau d'une anguille situé dans la trentième longueur (5.13b).

Un an plus tard, Lynn se surpassait en libérant entièrement le Nose en vingt-quatre heures. A Céüse, elle grimpait 20 à 30 longueurs par jour pour acquérir l'endurance nécessaire à El Capitan. Puis, dans le Verdon, elle mit sa forme à l'épreuve en réalisant Mingus à vue, une voie comportant 11 longueurs. De retour

dans le Nose, Lynn gravit alors chaque longueur en tête et en libre, son parte-naire, Steve Sutten, la suivait au Jumar et hissait le ravitaillement pour que Lynn puisse se concentrer sur l'escalade. Comme ils étaient partis vers 22 heures, elle dut gravir plusieurs longueurs de 8 et les fissures Stoveleg à la lueur d'une lampe frontale. Le lendemain soir, elle échoua trois fois dans un dièdre avant de franchir enfin les longueurs en libre. Alors, de nouveau éclairée par sa lampe frontale, elle réussit à passer le surplomb final en 5.12c .

Au cours de toutes ces années, Lynn avait réussi à atteindre ses objectifs au prix d'une remise en question et d'une lutte permanente contre elle-même. " Quand tu crois vraiment que tu peux aboutir, alors tu commences à imaginer la réussite et tu trouves le moyen d'y parvenir! Si tu doutes de toi, tu ne t'imagines même pas les solutions possibles! Sous maints aspects, l'escalade est devenue pour moi la métaphore du bonheur - je crois que, pour vivre heureux, il faut accepter l'effort, se dominer et tout pré-voir afin d'acquérir un certain état d'es-prit, et surtout se dire que l'escalade n'est qu'un moyen de locomotion. Tes performances sont bien moins importantes que ce que tu apprends lors du processus - ce qui compte n'est pas où tu grimpes, mais comment tu le fais! Si tu as franchement l'intention de parvenir à quelque chose, tu développeras une énergie incroyable. Celui qui ne grimpe que pour cocher une voie sur son palmarès ou pour lire son nom dans les guides et magazines spécialisés est mû par une mauvaise énergie - d'ailleurs, ce sont ces gens-là qui trafi-quent les rochers selon leurs besoins et qui taillent des prises artificielles! L'escalade me guide dans une bonne direction et fait de moi un être apte à la vie, elle me rend attentive et me fait respecter la nature. L'escalade, c'est entrer en contact direct avec la nature, c'est nous rapprocher d'elle et ne former plus qu'un avec elle. "

Lynn Hill est la plus grande grimpeuse de notre époque, une femme qui,toutes disciplines confondues, a fixé de nouveaux critères. Elle fut la première au monde à gravir à vue une voie de 8a+ et à enchaîner en libre une voie de 8b+ . Mais, outre ses performances, Lynn fascine par la positivité qui émane d'elle, par sa volonté, sa gentillesse, sa franchise et sa serviabilité. Elle compte parmi les grandes figures du milieu de l'escalade.

# Posté le samedi 27 août 2005 11:16